Comme son nom l’indique, l’urne cinéraire est spécifiquement conçue pour recueillir les cendres funéraires. À l’instar du corps d’un défunt qui repose dans un cercueil, ses cendres sont obligatoirement conservées dans une urne prévue à cet effet.
Le choix de l’urne est entièrement libre pour la famille. Elle peut être proposée par l’opérateur funéraire en charge des obsèques ou directement par le crématorium. Alternativement, les proches peuvent l’acquérir auprès d’une agence de pompes funèbres ou via des plateformes en ligne spécialisées dans les articles funéraires.
L’histoire des urnes cinéraires est très ancienne, remontant jusqu’à la Préhistoire. Les civilisations grecque et romaine, adeptes de la crémation, utilisaient déjà des urnes en terre cuite ou en verre pour y déposer les cendres de leurs défunts.
Présentation de l’urne cinéraire
Les matériaux utilisés
Il est important de noter que la législation actuelle ne formule aucune exigence spécifique concernant l’urne en tant qu’objet matériel.
Concernant les matériaux, on distingue principalement deux grandes catégories d’urnes. Le choix du matériau est souvent lié à la destination finale de l’urne funéraire, qui peut varier considérablement.
Ainsi, on trouve :
- Des urnes non biodégradables : Celles-ci sont privilégiées pour l’inhumation dans un caveau, un cavurne, une tombe cinéraire, pour être déposées dans une case de columbarium (une opération que l’opérateur funéraire ou la famille peuvent effectuer), ou pour être scellées sur un tombeau. Pour ces usages, des matériaux résistants comme le granit, le métal (aluminium par exemple), la résine, le bois ou la céramique sont généralement choisis.
- Des urnes biodégradables : Elles sont conçues pour une immersion ou une inhumation en pleine terre. Il est par exemple envisageable d’enterrer l’urne dans un terrain privé, sous réserve d’obtenir les autorisations requises et de se conformer à une réglementation stricte. Les matériaux utilisés peuvent être très variés : tourbe, sel, sable, argile ou textile.
À noter : Des urnes en carton sont parfois utilisées pour la dispersion des cendres dans un jardin du souvenir.
La taille et la contenance
La contenance de l’urne est déterminée par la corpulence du défunt :
- De petites urnes, adaptées aux enfants, ont une contenance moyenne comprise entre 0,3 et 1 litre.
- Pour une corpulence moyenne, les urnes offrent une contenance de 2,5 à un peu plus de 3 litres.
- Des modèles plus volumineux sont disponibles pour les personnes de forte corpulence.
Important : Pour les familles choisissant le columbarium, il est crucial de s’assurer que l’urne sélectionnée s’intégrera parfaitement dans l’une des cases disponibles.
Forme et couleur
Aucune réglementation ne dicte la forme des urnes. Si le modèle « obus » est le plus courant, il existe également des urnes rondes, carrées ou même en losange.
Les familles peuvent opter pour un modèle standard proposé par les pompes funèbres ou commander une urne sur mesure, lui conférant ainsi un aspect plus personnel et original, comme une forme de cœur ou de larme.
La palette de couleurs des urnes est également très variée, avec une prédominance de noir, bleu et gris. Bien que d’autres teintes soient disponibles, les couleurs trop vives sont généralement évitées pour des raisons de convenance.
Des motifs, qu’ils soient religieux ou non (croix, cœur, bougie, fleur), peuvent être gravés sur l’urne pour la personnaliser davantage.
La législation relative aux urnes cinéraires
Conservation et transport de l’urne
La loi de 2008 a introduit des clarifications importantes concernant la conservation et le transport des urnes cinéraires :
- Depuis cette loi, l’urne ne peut plus être conservée à domicile, à l’exception des cas où elle y était déjà avant l’application de la législation.
- Dans l’attente d’une décision familiale sur sa destination finale, l’urne peut être gardée pendant un an maximum au crématorium, ou, sous certaines conditions, dans un lieu de culte.
- Le transport de l’urne, par la famille ou un professionnel funéraire, est autorisé jusqu’au lieu d’inhumation ou de dispersion des cendres. Elle doit être tenue par une personne et placée dans un emballage protecteur contre les chocs. Généralement, une poche de transport spécifique est utilisée pour préserver l’urne et éviter qu’elle ne soit perçue comme un colis ordinaire. L’envoi postal d’une urne funéraire est formellement interdit. Pour un transport à l’étranger, des autorisations spécifiques, notamment celle du préfet, sont nécessaires.
Bon à savoir : Depuis la loi funéraire de 2008, l’urne est le seul contenant légal pour les cendres du défunt. Il est donc proscrit de diviser les cendres pour les placer dans un reliquaire ou un « bijou cinéraire ».
La conception de l’urne
La législation aborde également la conception des urnes :
- L’urne doit être hermétiquement fermée, mais pas de manière définitive. Elle doit pouvoir être ouverte si nécessaire. Par exemple, la famille peut décider de disperser les cendres d’une urne conservée au crématorium (où elle peut rester jusqu’à un an), ou d’une urne exhumée.
- Une plaque d’identification est obligatoire sur l’urne. Elle doit indiquer le nom et prénom du défunt, ses dates de naissance et de décès, ainsi que le nom et l’adresse du crématorium.
À savoir : La loi assimile les cendres funéraires à la personne du défunt, exigeant qu’elles soient traitées avec le même respect. Il est donc interdit de les séparer, elles doivent être contenues dans une urne unique. De même, le mélange des cendres de plusieurs personnes dans une seule urne est proscrit.
Quel budget prévoir ?
Le coût d’une urne cinéraire varie en fonction de sa contenance et du matériau de fabrication. Il faut prévoir, en moyenne, un budget compris entre 99 euros et 500 euros.
Des frais supplémentaires peuvent s’ajouter au prix de l’urne :
- L’acquisition d’une concession est nécessaire si l’urne est inhumée dans un cavurne ou placée dans un emplacement de columbarium. Une concession de 15 ans pour un cavurne coûte généralement entre 200 et 300 euros, selon les communes.
- Les frais liés à la pose d’une plaque funéraire peuvent s’appliquer en cas de dispersion des cendres dans un jardin du souvenir. Bien que la dispersion des cendres soit gratuite, tous les jardins du souvenir ne proposent pas l’installation de plaques.






