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L’Arthropathie Dégénérative : Un Guide Complet pour Mieux Gérer l’Arthrose

L’Arthropathie Dégénérative : Un Guide Complet pour Mieux Gérer l’Arthrose

Qu’est-ce que l’arthropathie dégénérative ?

L’arthrose, ou arthropathie dégénérative, est une maladie articulaire complexe qui se manifeste par une détérioration progressive du cartilage hyalin et de l’os sous-chondral, c’est-à-dire la portion osseuse située directement sous le cartilage. Il est important de ne pas la confondre avec l’arthrite. Cette pathologie résulte principalement d’un déséquilibre entre la production et la dégradation du cartilage. Elle peut affecter de nombreuses articulations du corps, notamment celles des mains, des genoux et des pieds.

Le cartilage, élément crucial entre deux os, assure la fluidité des mouvements et la souplesse articulaire. L’arthropathie se caractérise par l’effritement et la fissuration de ce cartilage, menant à sa disparition progressive. Par la suite, des excroissances osseuses, appelées ostéophytes, se forment autour des zones touchées, entraînant une déformation des articulations. Les personnes atteintes rencontrent des difficultés à effectuer certains mouvements et souffrent de douleurs quotidiennes intenses, souvent dues à l’inflammation. À un stade avancé, l’arthrose peut malheureusement évoluer vers une invalidité chronique.

Causes et facteurs de risques de l’arthrose

Bien que les causes exactes de l’arthropathie dégénérative ne soient pas entièrement élucidées, plusieurs facteurs de risque sont clairement identifiés :

  • L’âge : L’incidence de l’arthrose augmente considérablement après 50 ans, faisant du vieillissement un facteur prépondérant.
  • Le sexe : Les femmes sont significativement plus touchées par cette maladie. La ménopause, avec la diminution des niveaux d’œstrogènes, est une hypothèse expliquant cette prévalence accrue.
  • L’hérédité : Un facteur génétique est avéré, l’héritage génétique pouvant influencer jusqu’à 65 % le développement de l’arthrose, d’où l’expression « arthrose familiale ».
  • L’activité professionnelle : La répétition de gestes spécifiques ou des contraintes articulaires importantes dans certains métiers peut favoriser l’apparition d’une arthrose à long terme.
  • Le sport : Les traumatismes répétés subis par les articulations, notamment chez les sportifs de haut niveau, constituent un facteur de risque significatif.
  • Le surpoids et l’obésité : Ces conditions ne sont pas la cause directe de l’arthrose, mais elles l’aggravent considérablement en exerçant une pression excessive sur les articulations portantes.
  • Les traumatismes : Des blessures antérieures, telles que des fractures ou des entorses graves, peuvent déclencher la maladie.

Quels sont les symptômes les plus courants ?

Les raideurs, premier signe de l’arthropathie dégénérative

L’arthropathie dégénérative ne survient pas brutalement, mais évolue de manière progressive, pouvant affecter une ou plusieurs articulations. Les premiers signes se manifestent souvent par une raideur matinale, qui tend à s’atténuer après quelques mouvements ou exercices.

Réduction de la mobilité et craquements

À mesure que l’arthrose progresse, l’exécution de certains mouvements devient de plus en plus difficile, entraînant une réduction notable de la mobilité. Les patients peuvent ressentir une sensibilité à la pression, des contractures lors de la flexion, ou encore des bruits de craquements (crépitations) au sein de l’articulation.

Des fragments de cartilage ou d’os, appelés corps libres, ainsi que des excroissances osseuses (ostéophytes), peuvent apparaître et provoquer des blocages mécaniques douloureux.

Douleurs articulaires

De nombreuses personnes atteintes d’arthrose ressentent des douleurs ou des épisodes inflammatoires après une période prolongée d’inactivité.

Déformations articulaires

Enfin, la formation d’excroissances osseuses peut mener à une déformation visible de l’articulation.

En résumé, l’arthropathie dégénérative se caractérise fréquemment par des douleurs, une diminution de la mobilité, des craquements et, parfois, des épanchements articulaires. Ce dernier symptôme indique une souffrance intra-articulaire due à une accumulation anormale de liquide synovial, essentiel à la nutrition et à la lubrification des articulations.

La douleur est l’aspect le plus pénible de cette affection. Initialement présente surtout lors de l’activité et s’atténuant au repos, elle peut, avec la progression de la maladie, se manifester aussi bien en mouvement qu’au repos.

Un problème de santé publique

Face au vieillissement démographique et à l’augmentation de la sédentarité, l’arthropathie dégénérative est devenue un enjeu majeur de santé publique. Selon l’INSERM, environ 14 % de la population française, soit entre 9 et 10 millions de personnes, serait touchée. Le groupe pharmaceutique Sanofi estime que près de 80 % des patients arthrosiques ont plus de 65 ans. Une étude américaine récente a également révélé que l’arthrose du genou affecte aujourd’hui deux fois plus d’individus qu’il y a un demi-siècle.

Comment soigner une arthropathie dégénérative : les solutions

Les problématiques patients

La prise en charge de l’arthropathie vise à améliorer significativement la qualité de vie des patients en s’articulant autour de trois objectifs principaux :

  • La gestion et le soulagement de la douleur.
  • La lutte contre les déformations et les handicaps qu’elles engendrent.
  • Le ralentissement de la progression de la maladie.

Les traitements médicaux

Pour traiter l’arthropathie dégénérative, en particulier la gonarthrose (genou) ou la coxarthrose (hanche), plusieurs approches médicamenteuses sont disponibles :

  • Les antalgiques.
  • Les anti-inflammatoires.
  • Les anti-arthrosiques.
  • Les injections intra-articulaires.

Les anti-inflammatoires et les analgésiques sont utilisés pour réduire les gonflements et atténuer les sensations douloureuses.

Les médicaments chondroprotecteurs sont les seuls spécifiquement conçus pour agir sur la maladie articulaire elle-même. Ils contribuent non seulement à soulager les symptômes, mais aussi à améliorer la mobilité en s’attaquant à la racine de l’arthrose. Parmi ces traitements, on retrouve le sulfate de chondroïtine, le sulfate de glucosamine et l’acide hyaluronique. Leur utilisation peut réduire la nécessité de recourir aux anti-douleurs et anti-inflammatoires, qui peuvent parfois entraîner des effets secondaires sur le système digestif, le cœur ou les reins.

Les injections intra-articulaires d’acide hyaluronique, notamment dans le genou, permettent d’améliorer la fonction articulaire et de retarder l’impotence. Cette méthode est souvent efficace pour repousser l’échéance d’une intervention chirurgicale pour la pose d’un implant, par exemple.

Les recommandations thérapeutiques pour réduire les risques et soulager la douleur de l’arthrose

Au-delà des traitements médicamenteux, une approche fondamentale pour soulager le patient consiste à l’éduquer sur la réduction des facteurs de risque qui aggravent ou déclenchent les lésions articulaires. Ces conseils peuvent être complétés par un programme d’exercices personnalisés, permettant au patient de devenir acteur de sa propre prise en charge.

Il est également fortement recommandé de perdre du poids pour alléger la charge sur les articulations. Une diminution de 5 à 10 kilogrammes peut réduire les risques de gonarthrose de 50 %. Cette perte de poids contribue aussi à diminuer l’inflammation et la charge articulaire, ralentissant ainsi la progression de la maladie.

Enfin, une rééducation fonctionnelle encadrée par un kinésithérapeute est souvent prescrite. Ces séances d’exercices visent à renforcer l’articulation et la musculature environnante, améliorant ainsi la stabilité et la fonction articulaire.

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