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La sédation profonde et continue : un droit en fin de vie

La sédation profonde et continue : un droit en fin de vie

Face à une douleur réfractaire ou insupportable en phase avancée ou terminale, la mise en place de traitements analgésiques et sédatifs est une option cruciale. Même si ces traitements peuvent abréger la vie du patient, leur objectif principal est le soulagement. La sédation palliative vise à diminuer la vigilance du patient, pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, grâce à des moyens médicamenteux. Elle peut être appliquée de manière intermittente, transitoire ou continue. ✨

Parmi les pratiques sédatives à visée palliative en fin de vie, on distingue :

  • La sédation proportionnée à l’intensité des symptômes : elle permet au patient de maintenir une vie relationnelle. Ce type de sédation peut être transitoire, intermittent, voire réversible. Le médecin a l’obligation de la proposer pour soulager toute souffrance réfractaire. 🩺
  • La sédation profonde et continue : dans ce cas, la conscience du patient est totalement suspendue et le reste jusqu’au décès. 🌙

La sédation profonde et continue jusqu’au décès est un droit nouveau pour les patients, reconnu par la loi du 2 février 2016. Les professionnels de santé ont le devoir de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que ce droit fondamental soit respecté. 🙏

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Qui peut la demander ? 🗣️

Chacun a la possibilité de rédiger ses directives anticipées, spécifiant son souhait d’accéder à une sédation profonde et continue jusqu’à son décès. ✍️

La sédation profonde et continue peut être mise en place dans trois situations distinctes :

  • Le patient est encore capable d’exprimer sa volonté. Il est atteint d’une affection grave, incurable, son pronostic vital est engagé à court terme, et il souffre d’une manière que les traitements habituels ne peuvent soulager. 💔
  • Le patient exprime sa volonté, est atteint d’une affection grave et incurable, et demande l’arrêt de ses traitements. Cette décision risque d’engager son pronostic vital à court terme et d’entraîner une souffrance insupportable. 🛑
  • Le patient n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté, et seuls des traitements d’« obstination déraisonnable » le maintiennent en vie. Dans ce cas, le médecin peut décider d’arrêter les traitements et doit mettre en place une sédation profonde et continue pour assurer que le patient ne souffrira pas de cet arrêt. 🕊️

Pour la mise en œuvre d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès, une procédure collégiale est impérative. La personne de confiance, ou à défaut la famille ou les proches du patient, doit être informée du recours à la sédation et de la tenue de cette procédure. 👨‍👩‍👧‍👦

Même en cas d’opposition des proches, si le patient est en état de s’exprimer, sa seule volonté est prise en compte. Le médecin effectuera alors la sédation si les critères légaux sont réunis. Un dialogue entre le patient, le médecin et les proches est néanmoins essentiel pour rassurer et expliquer la décision. 🤝

Soulager la souffrance du patient est une obligation professionnelle du médecin. La sédation profonde et continue s’inscrit pleinement dans cette démarche. Le médecin doit tout mettre en œuvre pour apaiser les souffrances de son patient en fin de vie. Il s’agit d’une étape fondamentale dans la prise en charge, et un refus n’est pas envisageable dans ces conditions. ✅

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Pas d’euthanasie ou de suicide assisté 🚫

Il est crucial de bien distinguer la sédation profonde de l’euthanasie. Cette distinction repose sur six caractéristiques spécifiques : l’intention, le moyen, la procédure, le résultat, la temporalité et la législation. ⚖️

Voici les différences éthiques et médicales entre la sédation profonde et l’euthanasie :

Sédation profonde et continue jusqu’au décès Euthanasie
Intention Soulager une souffrance réfractaire. Répondre à une demande de mort du patient.
Moyen Altération profonde de la conscience. Provoque la mort du patient.
Procédure Utilisation d’un médicament sédatif, avec des doses adaptées, pour sédater profondément le patient. Utilisation d’un médicament à dose létale.
Résultat Poursuite de la sédation jusqu’au décès, qui survient par l’évolution naturelle de la maladie. Mort immédiate du patient.
Temporalité La mort survient dans un délai non planifiable. La mort est provoquée rapidement par l’injection d’un produit létal.
Législation Autorisée par la loi. Punie par la loi, considérée comme un homicide ou un empoisonnement.

En conséquence, la sédation profonde et continue jusqu’au décès n’est pas une réponse à une demande d’euthanasie. Son unique but est de soulager la souffrance réfractaire du patient. Il est donc impératif que le patient soit informé de cette possibilité thérapeutique. 🗣️

La mise en place d’une sédation profonde et continue est une situation complexe et singulière. Elle exige une évaluation approfondie et le médecin doit suivre des étapes essentielles pour respecter à la fois la volonté du patient et la loi :

  • Écouter, comprendre et analyser attentivement la demande du patient. 👂
  • Vérifier, via une procédure collégiale, que toutes les conditions légales sont réunies, que le patient dispose des capacités de discernement nécessaires et que sa demande est libre et éclairée (après avoir reçu des informations claires, appropriées et loyales). ✅

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