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Gérer le Cholestérol avec l’Âge : Prévention et Stratégies pour les Seniors

Comprendre et Gérer le Cholestérol chez les Seniors

Comprendre le Cholestérol : Qu’est-ce que c’est ?

L’hypercholestérolémie se caractérise par un niveau excessif de cholestérol dans le sang. Cette condition est particulièrement insidieuse car elle ne présente généralement aucun symptôme apparent, rendant son identification difficile sans examen médical. L’excès de cholestérol provoque un durcissement et un épaississement des parois artérielles, similaire à l’effet de l’hypertension. Ce phénomène endommage les artères et peut, à terme, entraîner leur obstruction. Sans une prise en charge rapide, l’hypercholestérolémie augmente significativement le risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou d’infarctus.

Bien que le cholestérol soit une molécule vitale, naturellement produite par le foie, il est également introduit dans le corps par notre alimentation, en particulier via les graisses animales. Les aliments à forte teneur en graisses saturées – tels que les viandes rouges, les produits laitiers entiers et le beurre – contribuent à l’élévation du « mauvais » cholestérol, connu sous le nom de LDL. Outre l’alimentation, des facteurs comme une l’activité physique. insuffisante ou le tabagisme peuvent aussi faire grimper les niveaux de cholestérol sanguin. Des études ont démontré qu’une réduction de seulement 10% du cholestérol peut diminuer le risque de maladies coronariennes jusqu’à 20%.

Le diagnostic du cholestérol s’effectue par un bilan lipidique, réalisé par une simple prise de sang. Ce bilan permet de quantifier le cholestérol total ainsi que ses différentes formes : le LDL (souvent qualifié de « mauvais ») et le HDL (le « bon »). Idéalement, le taux de cholestérol total (CT) devrait être inférieur à 2 g/l. Il est également crucial d’analyser le rapport entre le cholestérol HDL et le cholestérol total, car le HDL joue un rôle protecteur essentiel pour l’organisme, transportant l’excès de cholestérol vers le foie pour élimination. Fait intéressant, chez les seniors, un taux de cholestérol total légèrement supérieur, et même un taux de LDL plus élevé, est parfois associé à une mortalité réduite, un phénomène que de nombreuses recherches actuelles tentent d’expliquer.

La Prévention du Cholestérol après 50 ans : Une Nécessité

Les données scientifiques confirment une augmentation du risque cardiovasculaire lié au cholestérol avec l’avancée en âge, devenant un sujet de préoccupation majeur à partir de la cinquantaine. Bien que des différences existent (les femmes sont souvent moins touchées avant 55 ans, les hommes avant 45 ans), ces moyennes ne sont pas universelles.

Pour les jeunes seniors, un suivi attentif du taux de cholestérol est primordial, car la prévention est toujours la meilleure approche. Des bilans de santé réguliers sont conseillés. L’adoption de règles d’hygiène de vie saines offre des avantages considérables : maintenir des artères en bonne santé passe par une alimentation équilibrée, avec une vigilance particulière vis-à-vis des graisses d’origine animale (présentes dans les produits laitiers gras, la charcuterie, etc.). De plus, la pratique régulière d’une l’activité physique. aide grandement à maintenir un taux de cholestérol dans des limites acceptables.

En cas d’hypercholestérolémie avérée dès 50 ans, la stratégie thérapeutique initiale repose sur des modifications fondamentales du mode de vie. Un régime alimentaire adapté et l’engagement dans des activités physiques régulières, particulièrement en présence de surpoids, sont des outils efficaces pour combattre l’excès de graisses. Un suivi médical est indispensable pour ajuster la prise en charge en fonction de l’âge du patient et de ses niveaux de cholestérol. Si, après une période de trois mois, les résultats ne s’améliorent pas ou si le risque cardiovasculaire reste élevé, le médecin pourra envisager un traitement médicamenteux plus spécifique, incluant fréquemment des hypolipémiants, des statines ou des fibrates pour aider à réguler le cholestérol.

La Gestion Spécifique du Cholestérol chez les Seniors

Malgré sa réputation parfois négative, le cholestérol est en réalité indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Il constitue environ 30% des membranes cellulaires, jouant un rôle crucial dans leur structure, leur entretien et leur intégrité. Le problème survient lorsque le cholestérol, qui ne se dissout pas dans le sang, s’accumule. Cela peut former des plaques épaisses et dures qui obstruent et rigidifient les artères – c’est le rôle du cholestérol LDL. À l’inverse, le cholestérol HDL, souvent appelé le « bon » cholestérol, est bénéfique car il transporte l’excès de LDL vers le foie pour qu’il soit éliminé.

La Haute Autorité de Santé (HAS) accorde une attention particulière à la gestion de l’hypercholestérolémie chez les personnes âgées. Ses recommandations soulignent l’importance, quel que soit l’âge, d’adopter des conseils diététiques adaptés et d’encourager l’activité physique.

Pour les seniors âgés de 65 à 80 ans, dans le cadre de la prévention primaire (avant l’apparition de tout événement cardiovasculaire avéré), la HAS suggère la mise en place d’un traitement par statine si jugé nécessaire. Cette approche peut également être envisagée pour des patients plus jeunes.

Concernant les personnes de plus de 80 ans, en l’absence de données cliniques probantes suffisantes, l’instauration d’un nouveau traitement n’est généralement pas recommandée. Cependant, des facteurs spécifiques comme la présence de multiples facteurs de risques cardiovasculaires (RCV) et l’absence de pathologies sévères réduisant l’espérance de vie peuvent justifier la poursuite d’un traitement déjà en cours, à condition qu’il soit bien toléré.

Suite à un événement cardiovasculaire, la prise en charge se concentre sur des modifications profondes du mode de vie. Les recommandations générales sont appliquées, sauf en présence d’une grande fragilité ou d’une espérance de vie très limitée. Cela inclut des conseils nutritionnels, l’intégration d’une l’activité physique. pour combattre la sédentarité, l’arrêt du tabagisme, et d’autres mesures visant à réduire les facteurs de risque. Ces interventions sont généralement complétées par un traitement médicamenteux hypolipémiant, le plus souvent une statine.

Il est important de noter qu’après 80 ans, des régimes alimentaires trop restrictifs sont déconseillés, car ils augmentent le risque de dénutrition chez les seniors.

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