Le Fonctionnement de la Retraite par Répartition
En France, le dispositif de retraite s’appuie sur le principe de la répartition et la solidarité intergénérationnelle. Les contributions versées par les employés et les employeurs, au titre de l’assurance vieillesse, sont utilisées pour financer les pensions des personnes retraitées. Ce mécanisme est central au système de retraite français et opère grâce à la combinaison d’un régime de retraite de base et d’un régime de retraite complémentaire.
Le régime de retraite de base concerne l’ensemble des travailleurs salariés. Les cotisations des assurés ont pour but de financer les pensions de retraite de tous les anciens actifs. Il permet également aux assurés d’accumuler des droits pour leur future pension de vieillesse.
Le régime de retraite complémentaire obligatoire s’ajoute au régime de base et fonctionne également selon le principe de répartition.
La retraite complémentaire est gérée par la fédération Agirc-Arrco pour les salariés du secteur privé. Chaque mois, une partie de votre salaire brut est prélevée par votre employeur, accompagnée d’une cotisation patronale. Cette somme est ensuite versée à la caisse complémentaire dont vous dépendez.
Ces prélèvements sont convertis en points Agirc-Arrco, qui serviront de base au calcul de votre pension complémentaire au moment de votre départ à la retraite. Le montant de la pension que vous percevrez sera déterminé par le nombre de points acquis durant votre carrière, multiplié par la valeur du point.
Le système de retraite par répartition est une composante majeure du modèle social français, garantissant une pension tout au long de votre retraite. Cette pension correspondra à un pourcentage établi en fonction du salaire perçu en fin de carrière.
Ce système solidaire s’étend à l’intérieur de chaque génération. Les salariés actifs contribuent collectivement et solidairement au financement des périodes où il est impossible de travailler : maladie, chômage, maternité, invalidité, etc. Ces situations ouvrent des droits à la retraite. Cela inclut également les pensions de réversion versées aux conjoints survivants ou celles destinées aux orphelins.
La solidarité se manifeste aussi au sein des professions. Face à l’évolution et parfois la disparition de certains métiers, des régimes professionnels peuvent rencontrer des difficultés si le nombre de retraités excède le nombre d’actifs cotisants. Pour y remédier, des mécanismes de solidarité inter-régimes sont mis en place, désignés sous le terme de « compensation démographique ». Ce dispositif assure le versement des pensions aux retraités.
Le système par répartition est intrinsèquement solide et ne peut faire faillite. Son financement repose entièrement sur les cotisations prélevées sur les salaires des actifs, c’est-à-dire sur la masse salariale nationale. Cette dernière représente environ 60% du produit intérieur brut (PIB), soit 60% de la richesse générée par le travail.
Une éventuelle faillite de ce système impliquerait l’absence de travail, de salaires et de création de richesse. C’est pourquoi ce système est particulièrement valorisé en France et, malgré les différentes réformes, sa suppression n’est pas envisagée.
Le Système de la Retraite par Capitalisation
La retraite par capitalisation englobe l’ensemble des mécanismes mis en place, soit par votre entreprise, soit à votre initiative, dans le but d’augmenter le montant de votre future pension. Durant votre période d’activité, vous épargnez afin de préparer votre future retraite. Contrairement au système par répartition, celui-ci ne repose pas sur la solidarité intergénérationnelle : vos cotisations ne servent pas à financer les pensions des retraités actuels. Il s’agit d’un système facultatif.
Le régime de capitalisation repose sur le principe d’accumulation d’un capital, lequel servira à financer votre pension lorsque vous prendrez votre retraite. Vous cotisez ainsi pour votre propre retraite, sans dépendre d’un système d’entraide collectif global (sauf si la capitalisation est mise en œuvre dans un cadre collectif, tel que des accords d’entreprise).
En recourant au système par capitalisation et aux divers produits d’épargne retraite qui y sont associés (comme le PERCO, le PERECO ou encore le PERP, entre autres), vous n’avez pas de garantie sur le niveau de la prestation à long terme. L’argent épargné est investi sur les marchés financiers et peut donc être exposé aux fluctuations ou aux krachs boursiers. Actuellement, les institutions financières ne proposent plus de produits d’épargne à « prestations définies », mais plutôt à « cotisations définies ». Désormais, seule l’assiette de cotisation est fixée.
Bon à savoir : Si vous optez pour un système de retraite par capitalisation, toutes vos cotisations peuvent être allouées à des placements financiers ou immobiliers. À l’échéance de votre contrat, les sommes accumulées au fil des années vous sont intégralement reversées, soit sous la forme d’un capital, soit en rente viagère.
Distinctions et Complémentarité des Deux Systèmes
Les dispositifs de retraite par répartition et de retraite par capitalisation sont en réalité deux approches qui peuvent être complémentaires. Bien que le système par répartition vous garantisse une pension dès que vous atteignez l’âge de la retraite, il est fréquent que cette pension ne suffise pas à maintenir le niveau de vie auquel vous étiez habitué en tant qu’actif. Opter pour un système par capitalisation en complément peut donc vous permettre de bonifier vos revenus.
Depuis 2019, la loi Pacte (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) a simplifié l’épargne retraite afin d’inciter les actifs à souscrire à ces solutions. De nouveaux produits d’épargne ont ainsi été introduits :
- Le Plan d’Épargne Retraite Individuel, qui remplace les contrats PERP et Madelin pour les produits individuels.
- Le Plan d’Épargne Retraite Collectif facultatif, qui prend la suite du Perco, et un Plan d’Épargne Retraite obligatoire qui succède à l’Article 83.
En matière de fiscalité, tout versement volontaire effectué sur ces nouveaux produits peut être déduit de votre impôt sur le revenu, avec une limite fixée à 32 419 euros.
La réforme des retraites envisagée par le gouvernement prévoit l’instauration d’un système de retraite par points : chaque euro cotisé permettrait d’acquérir un certain nombre de points. Ces points, cumulés tout au long de votre carrière, seraient ensuite convertis en pension de retraite.
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