Le système de retraite par répartition, instauré en 1941 sous le régime de Vichy, repose sur un principe fondamental de solidarité intergénérationnelle entre les travailleurs actifs et les retraités.
Ce modèle de retraite par répartition s’appuie donc sur la solidarité entre les générations, avec un effet immédiat. Concrètement, les personnes ayant un emploi et leurs employeurs cotisent chaque mois via des prélèvements directs sur leurs revenus. Ces sommes cotisées sont ensuite reversées aux différentes caisses de retraite.
Tous les actifs ne cotisent pas à la même caisse. La majorité des salariés du secteur privé en France contribuent auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV), tandis que les régimes spécifiques, comme la CIPAV pour les indépendants, ont leurs propres caisses dédiées. Plus de 70% des actifs français dépendent de la CNAV. Leurs cotisations sont versées à cette caisse dans le cadre du régime général, et ils cotisent également à leur caisse de retraite pour les régimes complémentaires, tels que l’Agirc-Arrco.
Les caisses de retraite redistribuent ainsi les cotisations des actifs aux retraités sous forme de pensions. De cette manière, les actifs d’aujourd’hui, en cotisant, s’assurent de bénéficier eux aussi d’une pension lorsque leur tour viendra, celle-ci étant financée par les futures générations de cotisants.
Le système de retraite par répartition est confronté à une certaine fragilité, principalement due au vieillissement continu de la population française. Actuellement, la durée moyenne passée à la retraite est de 26 ans (contre 5 ans en 1945). Cette évolution entraîne une augmentation du nombre de retraités face à une croissance faible du nombre d’actifs, phénomène accentué par une entrée plus tardive sur le marché du travail.
Pour prendre sa retraite en France, il est nécessaire de remplir deux conditions essentielles : avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite, fixé aujourd’hui à 62 ans, et justifier d’une durée d’assurance suffisante, c’est-à-dire un nombre adéquat de trimestres cotisés. Ce nombre de trimestres requis varie en fonction de votre année de naissance. Il est possible de partir sans avoir validé tous ses trimestres, mais dans ce cas, attention à la décote sur votre pension ! Pour anticiper cela, il peut être judicieux d’investir dans une épargne retraite, comme un Plan d’Epargne Retraite (PER), afin de compléter votre future pension de retraite.
Le système de retraite par capitalisation : une autre approche
Dans de nombreux pays européens, le système de retraite par répartition est complété par le système de retraite par capitalisation. Souvent, le régime de base suit les principes de la répartition, tandis que les régimes complémentaires adoptent le système par capitalisation. En France, tous les régimes de retraite officiels fonctionnent par répartition. Mais alors, comment opère la retraite par capitalisation, absente de France depuis 1941 ?
Le principe est simple : les actifs cotisent pour leur propre compte, et les entreprises cotisent pour leurs employés. L’argent est ensuite investi de manière à ce qu’au moment de la liquidation des droits à la retraite, le capital accumulé soit converti en rente viagère, constituant ainsi la pension de l’assuré. En somme, le financement de la retraite ne repose pas sur une solidarité intergénérationnelle, mais plutôt sur une forme d’autofinancement :
- Les actifs cotisent pour eux-mêmes.
- Les entreprises contribuent pour leurs salariés.
- Les montants cotisés mensuellement sont placés.
- Lorsque le salarié prend sa retraite, le capital lui est versé sous forme de rente viagère.
Bien que tous les régimes de retraite français soient basés sur la répartition, il est néanmoins possible pour les actifs, qu’ils soient du secteur privé ou public, de se constituer une épargne retraite individuelle.
En effet, pour envisager une retraite plus sereine, certains actifs peuvent opter pour un régime individuel par capitalisation. Cela peut prendre la forme d’un contrat Madelin (destiné aux travailleurs non salariés, professions libérales ou indépendants) ou d’un Plan d’Épargne Retraite (PER).
Ces systèmes d’épargne sont facultatifs et individuels, fonctionnant sur le principe de la capitalisation. Bien que disponibles, ils sont encore peu utilisés par les Français. En 2018, le total des pensions versées s’élevait à 325 milliards d’euros, tandis que les sommes contribuées via un régime supplémentaire d’épargne n’atteignaient « que » 6,6 milliards d’euros.
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L’avenir du système par répartition et les réformes
Les récentes réformes des retraites ont vu l’émergence d’un nouveau système de retraite par points, qui coexiste avec le système par répartition, notamment au sein du régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Le régime complémentaire présente un fonctionnement distinct du régime de base : le montant de la retraite ne dépend pas de la durée d’assurance ou des trimestres cotisés, mais de l’accumulation de points, dont la valeur est déterminée par l’Agirc-Arrco. Un taux de liquidation est ensuite appliqué pour calculer le montant de la pension complémentaire.
Bon à savoir : En principe, un système à points n’affecte pas le montant des cotisations. Cependant, la nouvelle réforme des retraites vise à maintenir le système par répartition. Ainsi, les cotisations des actifs continueront de financer les pensions des retraités.
La réforme des retraites et le futur système universel, qui devrait être mis en place d’ici 2025, sont prévus pour continuer à utiliser le système de la retraite par répartition. En somme, le principe de solidarité intergénérationnelle ne devrait pas être remis en question malgré les changements annoncés. Toutefois, le gouvernement encourage les citoyens à se tourner vers des solutions d’épargne retraite complémentaires.
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