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Les Rituels Funéraires Juifs : Un Guide Complet

Les Rituels Funéraires Juifs : Un Guide Complet

Dès l’instant du décès, une grande importance est accordée au respect du défunt. Il est impératif de ne pas toucher la personne disparue. La famille et les proches sont invités à réciter des prières, offrant ainsi un moment sacré permettant à l’âme de s’élever. Ces instants de recueillement s’achèvent par la proclamation de la devise d’Israël.

Conformément à la tradition, le fils du défunt ferme ensuite délicatement la bouche et les yeux. Le corps est alors allongé, les bras le long du corps, puis recouvert d’un drap, y compris le visage.

Lors de la toilette rituelle, il est crucial de dénuder le corps le moins possible. Cette toilette, une étape obligatoire et minutieuse, est effectuée par une seule personne, veillant à ce que le corps reste intouché. Par conséquent, il n’est généralement pas permis de pratiquer d’autopsie ni de crémation, sauf si une décision de justice l’exige.

La Toilette Mortuaire Juive : Déroulement et Signification

La toilette mortuaire, un moment empreint de solennité, se déroule à l’abri des regards, dans une pièce isolée, et en silence, en signe de profond respect envers le défunt.

Cette tâche sacrée est confiée à la Hévra Kaddisha, une confrérie composée de membres choisis pour leur dévouement. Il est à noter que, par pudeur, seules les femmes de la Hévra Kaddisha sont autorisées à nettoyer le corps d’une femme ou d’une jeune fille, et de même pour les hommes.

La toilette mortuaire juive se présente sous deux formes principales :

  • Dans la première approche, le corps est dénudé et immergé dans un bain rituel, le mikvé. Ce rituel vise à purifier le corps de toutes ses impuretés, permettant ainsi, selon la croyance juive, la libération définitive de l’âme.
  • La seconde méthode implique plusieurs étapes : le corps est déposé sur une surface plane (table ou dalle), les pieds orientés vers la porte et le visage vers le haut. Un volume important d’eau (plus de 21 litres) est utilisé pour assurer une purification complète. Cette eau, tiède, est versée sur le corps qui reste recouvert d’un drap. Les ongles des mains et des pieds sont nettoyés et rincés sans être frottés. Le corps est ensuite tourné délicatement de droite à gauche pour une purification intégrale, mais jamais sur le ventre. Enfin, le défunt est séché avec des serviettes propres.

Des paroles sacrées peuvent accompagner ce rituel, renforçant son pouvoir purificateur.

L’Enveloppement dans le Linceul (Takhrikhin)

Une fois la toilette achevée et le corps entièrement séché, celui-ci est enveloppé dans un tissu blanc appelé takhrikhin. Généralement en lin tissé, ce linceul doit être impeccable, sans aucune tache, auréole ou déchirure.

Le visage du défunt est également recouvert par le linceul. Cette pratique vise à préserver l’image vivante de la personne dans la mémoire de ses proches, évitant ainsi de voir le corps après la mort.

Dans des cas spécifiques, comme un décès suite à une hémorragie, un accident ou un assassinat, les personnes ne sont pas déshabillées mais simplement enroulées dans le drap. Cette règle s’applique également aux femmes décédées en couches.

Si un enfant décède avant sa circoncision, celle-ci est pratiquée avant la toilette rituelle. Toute eau de purification tombée sur la table ou le sol doit être soigneusement séchée.

La Veillée Funéraire Juive

Les rabbins, informés par la famille, organisent la veillée. Dans le judaïsme, le corps est considéré comme sacré et doit être traité avec le plus grand respect, ne devant jamais être laissé seul.

Un élément central de la veillée est l’allumage d’une bougie, placée près du visage du défunt, qui doit brûler pendant les sept jours suivant l’enterrement. Cette lumière symbolise la présence continue de l’âme du disparu.

Durant cette période, tous les miroirs sont recouverts d’un tissu, car ils sont perçus comme des symboles de vanité. Le corps est disposé à même le sol, les pieds orientés vers la porte.

Si la veillée a lieu au domicile du défunt, elle se poursuit jour et nuit, avec des proches qui se relaient pour la lecture du livre des Psaumes. Les discussions non essentielles sont évitées, seules les prières étant permises.

Après le décès, l’inhumation doit avoir lieu le plus rapidement possible. Bien que les soins de conservation puissent offrir un délai, attendre trop longtemps est jugé indécent. Un retard de trois jours est généralement accepté pour permettre à la famille proche de se rassembler. L’enterrement juif est caractérisé par sa simplicité, ne nécessitant pas une foule nombreuse.

La Fermeture du Cercueil

Le choix d’ un cercueil est dicté par la simplicité. La coutume veut qu’il se dégrade rapidement, d’où l’absence de fioritures ou de garnissage. Le corps est placé dans le cercueil, appelé aron, les pouces repliés sous les doigts et le visage tourné vers le ciel. Plusieurs éléments spécifiques sont à considérer :

  • Toute la famille est présente pour rendre hommage au défunt.
  • Le cercueil est très sobre, et il n’y a pas de fleurs lors de la cérémonie. Si des fleurs sont apportées, elles sont néanmoins conservées.
  • Un sac contenant un peu de terre (idéalement de la terre d’Israël) ou de la paille est placé sous la tête du défunt.
  • La famille peut voir le défunt, mais il est interdit de le toucher ou de l’embrasser.
  • En cas d’hémorragie au moment du décès, le sang est recueilli et déposé dans le cercueil.
  • Si la personne a subi une amputation, le membre est placé aux côtés du corps dans le cercueil.

Le cercueil est ensuite rapidement transporté au cimetière.

Pour en savoir plus : Comment se déroulent les obsèques juives ?

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