Près de six millions de Français sont aujourd’hui confrontés à un déficit auditif, allant d’une légère gêne à une surdité totale. Bien que plus de la moitié des personnes malentendantes pourraient bénéficier d’un appareil auditif, seul un tiers est actuellement équipé. Cette faible proportion s’explique souvent par le coût élevé des prothèses et accessoires auditifs, ainsi que par des remboursements (Sécurité Sociale et mutuelles) jugés parfois insuffisants pour couvrir ces dépenses conséquentes.
En moyenne, le budget nécessaire pour s’équiper d’une prothèse auditive peut atteindre environ 1600 euros. Ce montant ne couvre pas uniquement l’appareil, mais aussi l’ensemble des services de suivi et d’adaptation offerts par l’audioprothésiste sur une période de cinq ans, correspondant à la durée de vie moyenne d’un appareil. Ces prestations représentent généralement 10 à 12 heures de prise en charge.
Les prix varient considérablement d’une gamme à l’autre, comme l’illustre le tableau ci-dessous :
| Gamme | CMU-C | Entrée de gamme | Moyenne gamme | Haut de gamme |
|---|---|---|---|---|
| Part des ventes | 2-3% | Environ 15% | Environ 50% | Environ 30% |
| Prix public (par oreille) | 700 euros | De 600 à 1000 euros (moyenne de 1000 euros) | De 1100 à 1700 euros (moyenne de 1500 euros) | De 1600 à 2000 euros (moyenne de 1950 euros) |
Ces données tarifaires ont été initialement révélées par une analyse économique du secteur des appareillages optiques et auditifs, menée par Alcimed pour la Sécurité Sociale en 2011. En février 2014, le Syndicat National des Audioprothésistes a confirmé un coût moyen de 1535 euros par oreille pour un appareil auditif.
Comprendre le coût d’un appareil auditif
Les audioprothésistes ont l’obligation de fournir un devis normalisé détaillé à leurs patients. Ce document doit clairement indiquer tous les frais liés à l’acquisition de la prothèse et aux services associés, permettant ainsi aux patients de comparer les différentes offres disponibles pour leur appareillage.
Le devis normalisé doit inclure des informations précises sur l’appareil lui-même : sa marque, son modèle, sa classe, sa référence exacte, la durée de la garantie, et le prix, y compris les accessoires. Il doit également spécifier le coût de toute option additionnelle non incluse dans le modèle de base. Le prix de l’adaptation et de l’entretien des audioprothèses, ainsi que le coût total de l’appareil, doivent être clairement mentionnés. Enfin, la part remboursée par l’Assurance Maladie doit y figurer de manière explicite. En complément de chaque devis, l’audioprothésiste doit remettre une annexe informative détaillant les prestations professionnelles fournies, telles que les séances de contrôle d’efficacité, la gestion administrative du dossier, la nature des comptes rendus de suivi, et les différents contrôles audiométriques prévus.
Il est important de noter que des variations de prix peuvent également survenir en fonction de la technicité de la prothèse (par exemple, contour d’oreille classique ou ouvert, dispositif intra-auriculaire, etc.).
L’Assurance Maladie et la prise en charge
L’Assurance Maladie participe au remboursement des appareils auditifs, à condition que le dispositif ait été prescrit par un médecin. Les modalités de remboursement varient en fonction de certaines conditions.
Pour les patients de moins de 20 ans, le remboursement des appareils auditifs est de 60% sur une base tarifaire allant de 900 à 1400 euros, selon la classe et la gamme de l’appareil. Il existe quatre classes d’appareils électroniques conçus pour corriger la surdité : A, B, C ou D, chacune correspondant à des caractéristiques techniques et des équipements spécifiques. Pour cette tranche d’âge, des barèmes distincts sont appliqués selon la classe :
- Pour un appareil auditif de classe 1 : le tarif de remboursement est de 1400 euros.
- Pour un appareil auditif de classe 2 : le tarif est fixé librement par le professionnel.
Pour les patients de plus de 20 ans, quelle que soit la classe de l’appareil, le remboursement des prothèses s’élève à 60% sur une base de 199,71 euros. Cela laisse un reste à charge pour le patient pouvant atteindre 1480 euros, avant toute intervention d’une complémentaire santé.
L’Assurance Maladie prend en charge divers frais liés à l’utilisation des prothèses auditives. Cela inclut le remboursement de l’appareil lui-même, mais aussi des accessoires essentiels (piles, coque, embout auriculaire, écouteur, etc.), ainsi que les frais d’entretien (comme le remplacement des piles). Les remboursements peuvent également couvrir les tests préalables, les séances d’étude et d’adaptation chez l’audioprothésiste, et les suivis prothétiques réguliers (un bilan complet étant généralement réalisé aux 3e, 6e et 12e mois). Certaines séances d’éducation prothétique, visant à initier le patient à la bonne utilisation de son appareil, sont parfois nécessaires et sont aussi incluses dans le remboursement de la Sécurité Sociale.
Quid des mutuelles et complémentaire santé ?
La complémentaire santé joue également un rôle crucial dans le remboursement des appareils auditifs et des coûts associés. Le montant remboursé dépendra des termes spécifiques du contrat souscrit par le patient. Selon une étude du ministère de la Santé datant de 2010, la prise en charge moyenne par la complémentaire santé pouvait atteindre jusqu’à 914 euros pour le remboursement de deux appareils auditifs.
Les remboursements peuvent varier significativement : ils débutent autour de 140 euros pour les contrats les moins onéreux et les moins avantageux. Dans le cadre de garanties haut de gamme, la prise en charge par la mutuelle pour un appareil auditif peut s’élever jusqu’à 2000 euros, bien que ces complémentaires soient généralement plus coûteuses.
Le montant du remboursement de la complémentaire santé n’est pas directement basé sur le prix de l’appareil auditif, mais est calculé selon deux méthodes principales :
- Soit le montant de l’appareil correspond à un pourcentage de la base de remboursement de la Sécurité Sociale (à 100% ou 60%).
- Soit le montant est un forfait alloué pour l’achat de chaque appareil auditif, ou un montant global pour l’ensemble des appareils. Par exemple, votre complémentaire pourrait proposer un forfait de 300 euros pour tout achat d’appareil auditif.
Si votre mutuelle couvre le Ticket Modérateur, elle complétera alors le remboursement de la Sécurité Sociale à 100%, ce qui représente un remboursement de 140 euros par appareil.
Et si vous êtes bénéficiaire de la CMU ?
Les bénéficiaires de la CMU (Couverture Maladie Universelle) profitent d’un forfait de remboursement avantageux. Depuis le 1er janvier 2019, la CMU assure une prise en charge intégrale du prix des appareils auditifs grâce au tiers payant, ce qui signifie que le patient n’a aucun frais à avancer.
Quant aux bénéficiaires de l’Aide Médicale d’État (AME), ils peuvent obtenir un remboursement de la Sécurité Sociale s’élevant à 350 euros par appareil auditif.
Concernant les piles et produits d’entretien des appareils auditifs, la Sécurité Sociale a revu ses tarifs à la baisse en 2020. Une allocation forfaitaire annuelle est désormais prévue, à hauteur de 10,5 euros par an pour les piles 312, les plus couramment utilisées.
Les remboursements varient selon le type de pile :
- Pour les piles 13, le remboursement est de 7,50 euros.
- Pour les piles 10, le remboursement est de 15 euros.
- Pour les piles 675, le remboursement est de 4,50 euros.
Assistants d’écoute disponibles en pharmacie : comment ça marche ?
Depuis le 22 août 2014, les pharmaciens sont autorisés à commercialiser des assistants d’écoute pré-réglés.
Ces dispositifs, notamment ceux distribués en France par la société Sonalto, sont proposés à des tarifs bien inférieurs à ceux des prothèses auditives conventionnelles, souvent pour moins de 300 euros. Étant pré-réglés, ils ne nécessitent aucune manipulation ou ajustement de la part du patient. Ils sont principalement conçus pour les personnes souffrant de troubles auditifs légers.
Ces appareils présentent plusieurs avantages : ils permettent de se familiariser avec le port d’une aide auditive à un coût bien plus abordable qu’un appareil classique. Cependant, malgré leur praticité, ils ne sont pas adaptés si la perte auditive n’affecte qu’une seule oreille, ou si elle est accompagnée de vertiges, de maux de tête, ou si elle est apparue subitement.
Contrairement aux prothèses auditives vendues par les audioprothésistes, ces assistants d’écoute ne requièrent pas de prescription médicale ou ORL. Vendus en pharmacie sans ordonnance, ils ne sont donc pas pris en charge par l’Assurance Maladie, et leur coût total est entièrement à la charge du patient.
Pour aller plus loin :






